La politique de réquisition de logements en échec

La ministre du Logement Cécile Duflot tire un bilan peu convaincant des réquisitions de logements et de bureaux vides pour remédier à la pénurie immobilière

Fin octobre 2012, Cécile Duflot, la ministre du Logement, avait évoqué la possibilité de procéder à des réquisitions de logements et de bureaux vides. Un instrument efficace, selon elle, pour lutter contre la pénurie de logements. Six mois plus tard, le premier bilan qu'elle tire de cette action n'est pas convaincant. À Paris, où la crise du logement est la plus aiguë, seuls deux immeubles de bureaux sont susceptibles de faire l'objet de réquisitions. L'un, situé dans le Xe arrondissement, devrait être racheté par la Mairie de Paris pour en faire… seize HLM.

Sur les 90.000 logements vacants repérés en Ile-de-France, uniquement 3784 seront reloués pour éviter une réquisition. Cécile Duflot objectera qu'en tapant du poing sur la table à l'automne dernier elle a permis de créer des logements dans le patrimoine des ministères et des entreprises ou établissements publics. À Mérignac, à côté de Bordeaux, dix maisons appartenant à la DGAC(Direction générale de l'aviation civile) accueillent ainsi des familles mal logées jusqu'ici. Une cinquantaine de sans-abri sont également logés désormais dans un pavillon vacant de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris. Il reste que ce dispositif a effrayé les institutionnels (Axa, Allianz…) propriétaires de grands parcs immobiliers. Et ne leur a pas donné envie d'investir dans le logement. Ce qui n'empêche pas le gouvernement de plancher actuellement sur un dispositif pour que les assureurs-vie financent la construction de 15.000 à 20.000 logements intermédiaires par an. Un enjeu beaucoup plus lourd mais moins médiatique.

c-duflot